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Retour au Kyokushin

Mas Oyama, le fondateur

Masutatsu « Mas » Oyama (1923-1994) est l'un des plus grands maîtres d'arts martiaux du XXe siècle. Sa vie, jalonnée d'exploits et d'une discipline extrême, a façonné un karaté sans compromis.

Mas Oyama exécutant une technique de karaté.

Une enfance entre la Corée et le Japon

Né en 1923 en Corée alors sous occupation japonaise, Choi Yeong-eui découvre les arts martiaux dès l'âge de neuf ans, d'abord auprès d'un kempo chinois en Mandchourie. À quinze ans, il part au Japon pour une formation d'aviation et adopte le nom d'Oyama — « grande montagne ».

Confronté au racisme et aux difficultés, le jeune homme se forge un caractère de fer. À Tokyo, il s'entraîne au judo, à la boxe, puis se passionne pour le karaté d'Okinawa, qu'il étudie avec acharnement.

La retraite en montagne

Pour atteindre la maîtrise, Oyama se retire seul en montagne, d'abord au mont Minobu, puis dix-huit mois au mont Kiyozumi. Entraînement physique fanatique, méditation zen, étude des classiques : il forge un corps d'acier et une volonté indomptable.

« Mille jours pour forger le corps, dix mille jours pour forger l'esprit » : cette devise résume l'ascèse dont il redescend transformé, en 1950, à 27 ans.

Mas Oyama jeune, en karategi.
Mas Oyama dans sa jeunesse, avant la fondation du Kyokushin.

Les combats légendaires

De retour parmi les hommes, Oyama bâtit sa légende par le combat réel. En 1950, il affronte des taureaux à mains nues pour démontrer la puissance du karaté — on lui en prête des dizaines, dont plusieurs terrassés d'un tranchant de main.

En 1957, au Mexique, un taureau l'encorne dans le dos : il met six mois à s'en remettre. Sa philosophie est claire : « Il ne peut y avoir de preuve sans véritable combat. »

La fondation du Kyokushin

En 1953, Oyama ouvre son premier dojo à Tokyo. Son enseignement, d'une rudesse extrême, attire des centaines d'élèves malgré un taux d'abandon considérable. Les combats s'y font sans protection, à plein contact.

Synthèse du Gōjū-ryū, du Shotokan et d'influences coréennes et chinoises, son karaté prend officiellement le nom de Kyokushinkai (« société de la vérité ultime ») en 1964, avec la fondation de l'International Karate Organization (IKO).

Un héritage mondial

Dès les années 1960, le Kyokushin essaime sur tous les continents. Oyama organise le 1er Open du Japon (1969) puis le 1er Championnat du Monde (1975), qui imposent le karaté full-contact.

À sa mort, en 1994, Mas Oyama laisse un art pratiqué par des millions de personnes et une philosophie de vie résumée par l'esprit Osu : tout endurer, sans jamais renoncer.

Persévérer, sans jamais renoncer

Découvrez comment son héritage se transmet encore aujourd’hui.